|Découverte| Spécial Jeux Olympiques


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L’art olympique

Alors que les Jeux Olympiques de Rio 2016 sont sur le point de se terminer ce dimanche, son lien avec l’art est souvent méconnu . En effet, peu de temps après la création des jeux modernes et jusqu’en 1948, les Jeux Olympiques impliquent également des artistes du monde entier. Ce fut l’idée du créateur des jeux, Pierre de Coubertin, qui, dès les premières années décide de remettre des médailles à des artistes dont les œuvres sont liées au sport (les arts pris en compte sont : l’architecture, la sculpture, la littérature, la musique et la peinture). Il n’est pas sans rappeler que selon de Coubertin les valeurs des JO reposent sur : l’adhésion à un idéal de vie, la recherche de la perfection, la création d’une trêve, la glorification de la beauté par la “participation des arts et de l’esprit dans les jeux” ainsi que la représentation d’une élite aux origines égalitaires et de l’aristocratie.

 

C’est dans ce contexte que la compétition artistique des JO a pris forme dès 1912, offrant une chance aux esprits et à la création de s’exprimer et de se faire une place parmi les plus grands. Cependant, ces compétitions artistiques sont abandonnées dès 1948 par souci d’équité : les artistes se devaient d’être professionnels tandis qu’à cette époque les athlètes pouvaient être amateurs. Mais bien que ce concept a été abandonné, il a été précurseur des années à venir où les Jeux ont continué d’influencer l’art par toutes les émotions qu’ils procurent. On peut alors dire qu’un « Art Olympique » est né.

De l'incompréhension à l’émotion

Les Jeux Olympiques ont, dès leur origine antique, été une source d’inspiration pour bon nombre d’artistes. Dans une société où le corps de l’homme était mis en avant et dont le culte de l’esthétisme était considéré comme un signe à d’une appartenance sociale, les artistes avaient pour rôle de transmettre ses valeurs et de sublimer une activité considérée comme centrale : le sport. Dès lors, les peintures, sculptures, les chants relatant les Olympiades et les exploits des athlètes faisaient partie intégrante du processus.

 

Avec l’arrivée des Jeux Olympiques modernes en 1896 à Athènes (appelé alors Restauration des Jeux antiques), l’accent est mis sur les activités sportives, tout en les dissociant des activités artistiques. Ainsi, quand de Coubertin propose de lier compétition artistique et compétition sportive, cela n’est pas vu d’un très bon œil et pose plusieurs problèmes d’organisation, notamment un manque d’implication de la part des artistes qui avaient comme thème imposé le sport. Le livre « The Forgotten Olympic Art Competition » (les compétitions artistiques oubliées des Jeux Olympiques) de l’historien Richard Stanton relate bien ces années où se jouaient parallèlement compétitions sportive et artistique.

 

Malgré cet « échec » l’art fait partie intégrante de la vie des Jeux.. Tous les quatre ans, un pays est nommé pour accueillir les compétitions sportives. Cette nomination est un moyen pour les pays concernés de se mettre en avant et de montrer la richesse du pays. Les cérémonies d’ouverture des Jeux permettent aux artistes des pays organisateurs de s’exprimer et d’encourager leurs athlètes. De nombreux autres événements culturels ont lieu durant les Jeux et les artistes sont les premiers à s’exprimer pour supporter leur pays. Car Il faut dire que le sport et l’art peuvent avoir au moins un point commun : l’émotion. Les jeux, par la joie de la réussite, la tristesse d’une défaite, la surprise d’un résultat inattendu ou encore par la compassion et la solidarité, sont source d’émotions qui sont renforcées par l’expression des artistes. 

De l’émotion à la création

Ces différentes émotions peuvent être mises en valeur sous différentes formes : poème, peinture, photographie, etc. Les œuvres peuvent traduire une idée, des valeurs, des symboles comme sur les créations ci-dessus. La première correspond au basketteur américain LeBorn James. Figure incontournable du basket américain, cette œuvre rend hommage à un athlète hors pair. La seconde œuvre est créée par l’artiste Dragons. Elle s’inspire de l’imagination des enfants. Ainsi, on découvre un athlète qui court avec des ailes tant il est rapide. D’autres œuvres, comme la photographie de Thomas Coex permet de saisir l’instant, la beauté de l’action et permet une proximité avec les athlètes que l’on a difficilement en tant que spectateur. Plus qu’un simple moyen d’expression, les expressions artistiques liées aux Jeux permettent également de connecter des mondes, personnes, cultures différentes. C’est un moyen de partage et de transmission. Cette transmission peut être à la fois simple et spontanée, mais souvent l’art sert de support pour faire passer un message. L’art des Jeux Olympiques fait lui aussi partie des actions engagées. 

De la création à l’engagement

De nombreux artistes utilisent l’art pour engager des actions solidaires et sociales ou pour dénoncer des situations problématiques. Il n’est donc pas étonnant de retrouver un artiste tel que Banksy, connu pour son Street Art provocateur et engagé. Et c’est donc sans surprise qu’il a produit deux nouvelles œuvres sur un ton satirique.

En plus des œuvres comme celles de Banksy, qui portent sur les conséquences des Jeux sur les populations défavorisées  du pays organisateur, nombreuses sont celles qui servent de soutien pour des actions de solidarité et d’égalité sociale. 

La première peinture, créée par In Sync Artwork Painting, avait pour but de récolter des fonds pour différents clubs de natation au Canada et aux Etats-Unis. La deuxième peinture, créée par Game Makers of London Olympic Artwork, sert à rappeler le caractère interculturel des Jeux : nous sommes tous les mêmes dans la différence, et c’est cette diversité qui fait la richesse des Jeux. La troisième sert à mettre en valeur la présence des femmes au sein des Jeux (les femmes qui sont autorisées à participer aux jeux depuis 1900) et œuvre donc pour l’égalité homme/femme.

 

De nombreux collectifs et associations ont été créés dans le cadre des jeux afin de véhiculer une image positive. Mais des artistes agissent seuls, comme nous l’avons vu plus haut avec Banksy.

 

Un artiste de Street Art brésilien, Eduardo Cobra, sera peut-être dans le Livre des Records pour la plus longue fresque murale jamais réalisée. Cette fresque, créée dans le cadre des Jeux de Rio 2016 se compose de cinq visages indigènes des cinq différents continents (les cinq cercles relatifs aux JO). Le message de cet artiste est clair et simple, « we are all connected » (nous sommes tous connectés). Coloré et puisant son inspiration dans les peuples anciens, Cobra nous rappelle que malgré nos différences, nous sommes tous liés les uns aux autres et les JO constituent une opportunité d’utiliser cet événement comme une force et une cohésion humaine. 

Finalement, l’art a toujours fait partie des Jeux Olympiques, d’une manière formelle ou non, sous forme de compétition ou non. Cependant, nous pouvons être sûrs d’une chose : les Jeux ont, d’une quelconque manière, influencé l’art. Les manifestations artistiques liées à cet événement sont très nombreuses. D’un autre côté, nous pouvons également dire que l’art a également influencé le sport, ou plutôt l’image liée à cette activité. Plus qu’une simple activité physique, le sport dans le cadre des JO est devenu une inspiration, un moyen de s’affirmer mais arbore également un caractère sacré. Les JO sont inaccessibles pour un grand nombre de personnes et leur « rareté » souligne leur importance. 

MIIA


| ENGLISH |

Olympic art

While The 2016 Rio Olympic Games are about to finish this Sunday, its bond with art is often unknown. Indeed, a few times after the modern games’ creation and until 1948, Olympic Games also involved artists worldwide. It was the idea of the games creator, Pierre de Coubertin who, since the first years decided to hand medals to artists whose works were bound to sport (arts which are taken into account are architecture, sculpting, literature, music and painting). It is somewhat reminiscent that according to de Coubertin, Olympic Games’ values rest on the compliance to an ideal of life, the search of perfection, the creation of a truce, the glorification of beauty by “the participation of arts and spirit in games” as well as the representation of an elite, from equal origins and aristocracy.

 

It is in this context the artistic tournament of the OG took shape from 1917, by offering a chance to the spirits and to creation to be expressed and to dig in among the greatest. However, these artistic tournaments were given up from 1948 onwards in the interest of fairness: the artists had to be professional whereas at that time, the athletes could be hobbyists. Nevertheless, although this concept was dropped, it was pioneer in the future years when the Games followed to influence art by all the emotions it brings to the public. We also can say an “Olympic Art” was born.

From incomprehension to emotion

Since its antique origins, the Olympic Games have been a source of inspiration for many artists. In a society in which the body of the man was highlighted and whose cult of aesthetics was considered as a symbol of social belonging, the artist's’ role was to transmit their values and to enhance an activity considered most important: sport. Paintings, sculptures, songs talking about Olympic Games and the athletes’ achievements were an integral part of the process.

 

Upon the arrival of the modern Olympic Games in 1896 in Athens (so called Antique Games’ Restoration), the accent is emphasized on sport activities, while dissociating from artistic activities. Thus, it is taken a very dim view of linking artistic and sport competition when de Coubertin proposes it and causes several organisational issues, especially a lack of involvement on behalf of artists who had sport as a demanded theme. The book The Forgotten Olympic Art Competition from the historian Richard Stanton talks about these years when simultaneously sport and artistic competitions were performed.

 

In spite of this “failure”, art is an integral part of Games’ life. Every four years, a country is appointed to welcome sport tournaments. This appointment is a way for the countries concerned to promote themselves and to show the wealth of the country. Games’ opening ceremonies enable the artists of host countries to express themselves and to foster their athletes. Numerous cultural events take place during the Games and the artists are the first ones to express themselves to support their country. We must state that sport and art can have at least a common characteristic: emotion. Games, through the satisfaction of achievement, the sadness of a defeat, the surprise of an unexpected result or even by compassion or solidarity, are source of emotions that are strengthened by the expression of the artists.

From emotion to creation

These different emotions can be enhanced under different forms: poetry, painting, photography, etc. Works can express an idea, values, and symbols as in the creation's above. The first one depicts the American basketball player, Leborn James. A leading figure of American basketball, this work pays tribute to an outstanding athlete. The second work is created by the artist Dragons. She is inspired by the children’s imagination. Thus, we discover an athlete who runs with wings how quick he is.

 

Other works, as the photograph above from Thomas Coex enables to seize the moment, the action beauty and enables intimacy with athletes we struggle to have as a spectator. More than a mere means of expression, artistic expressions bound with Games also enable the connection of worlds, individuals and opinions. It is a way of sharing and transmitting cultures.

 

This handover can be both mere and spontaneous but often art serves as support to get a message. Olympic Games’ art also makes part of committed actions.

From creation to social and political commitment

Numerous artists use art to attain fair and social actions or to denounce problematic situations. It is therefore not surprising to find an artist such as Banksy, known for his provoking and committed Street Art. And it is not surprising he produced two new works in a satiric way.

In addition to works as these of Banksy who focus on Games’ aftermath on underprivileged populations of the host country, there are numerous which are used for supporting solidarity and social equality.

The purpose of the first painting, created by In Sync Artwork Painting, was to collect funds for different swim clubs in Canada and in the US. The second painting, created by Game Makers of London Olympic Artwork is used to remind the intercultural characteristic of the Games: we are all equal in the fact that we are all different and this is the diversity that makes the Games’ wealth. The third one is used to highlight women’s presence within the Games (women are authorized to take part into the Games since 1900) and thus works towards the equality between men and women.

 

Numerous communities and associations were created in support of the Games in order to convey a positive image. However, some artists act alone, as we discussed above with Banksy.

 

A creator of Brazilian Street Art, Eduardo Cobra, will perhaps be in the Record Book for the longest ever wall fresco carried out. This fresco was created in support of The Rio Games is composed of five indigenous faces from five different continents (the five rings regarding the OG). This artist’s message is clear and mere, “we are all connected”. Colorful and drawing his inspiration within ancient people, Cobra reminds us despite our differences, we are all connected to each other and the OG constitute an opportunity to use for using this event as a way to strengthen and improve human cohesion.

Finally, art was always made part of the Olympic Games, under a formal manner, under a form of tournament or not. However, we can be sure of one thing: the Games influenced art in many ways. Artistic demonstrations bound to this event are very numerous. On the other hand, we also can also say art has influenced sport, or embellish the image bound to this activity. More than a mere physical activity, sport in support of the Olympic Games has become an inspiration, a way to assert your individuality but also displays a sacred characteristic. The Olympic Games are inaccessible for a large number of individuals and their “scarcity” underlines their importance.

MIIA