[Danemark] Père et Fils Lipsoe : quand l'art devient un succès familial

L’art du Danemark voit double

Rencontre avec le père et le fils, Bernhard et Martin Lipsøe

L’été est là, nous sommes à quelques jours de la finale de l’Euro 2016 mais l’événement qui nous intéresse ici est l’arrivée de Bernhard et Martin Lipsøe. Le fils Martin Lipsøe est une personnalité au Danemark, animateur de radio et historien sur la chaîne 24/syv, il se révèle l’âme d’un redoutable businessman et lance avec Morten Lyngbæk la marque Bernie’s ZOO, vêtements créés à partir du motif artistique de son père. Justement, parlons du père : Bernhard Lipsoe est un artiste talentueux et excentrique qui sculpte des animaux géants. Concernant l’excentricité de son père, Martin préviendra « Attention, mon père n’a aucun filtre ». Effectivement, Bernhard ne s’embarrasse pas de précautions quand il s’agit de dire ce qu’il pense.  Il dit tout, quand il veut, comme il l’entend, pour le meilleur et pour le pire. Dans le cadre de notre rencontre, c’était plutôt pour le meilleur.

 

L’idée de ce portrait croisé père-fils était intéressant à explorer, d’autant plus avec les deux fortes personnalités que nous allons rencontrer à l’hôtel Des Beaux Arts dont le nom sonne comme une évidence. Dans la petite cour discrète et fleurie à l’abri des regards, c’est un éden paisible dans lequel les Lipsøe diront tout ou presque. Installés en ronde, ils se tiennent prêts. La table est aussi prête, limonade et café apportés par l’impeccable gérante de l’hôtel. Sans oublier le complément de cacahuètes déposé par Bernhard. Commence alors une interview singulière.

De Picasso à la Langouste

Bernhard Lipsøe est un artiste sculpteur reconnu dans le milieu. Comme beaucoup d’artistes, il est polyvalent : il peint, il dessine, il fabrique. Ses mains n’arrêtent jamais de créer au gré de ses envies. « Je fais, ce que je dois faire » dit-il d’une simplicité déconcertante. De la fantaisie de ses sculptures à la poésie de ses peintures, se laisse découvrir dans son art une certaine ôde à la vie. La force de son art s’explique en grande partie par son parcours atypique, fait de rencontres et d’histoires qui façonneront son style. Pour comprendre qui est Bernhard Lipsøe, il faut remonter dans le temps. Quittons 2016 pour nous retrouver en 1969. C’est cette année que le jeune Bernhard Lipsøe découvre Paris et fait une rencontre importante avec Stella Mertens, artiste peintre belge qui va réveiller le talent qui sommeille en lui. Elle l’encourage à s’inscrire à l’Académie de la Grande Chaumière et lui dit de revenir dans plusieurs semaines pour lui montrer ses dessins. Durant sa formation, un homme avec une chemise blanche lui adresse la parole « C’est pas mal du tout ce que tu dessines. Au fait, sais-tu qui était assis exactement à ta place ? Picasso ». Bernhard n’en revient pas. Les jours passent et il revient  voir Stella Mertens comme prévu avec ses dessins. Elle apporte un regard vif et critique sur ses œuvres. Elle passe d’un dessin à un autre « ça c’est moche, ça c’est moche, ça c’est moche. Mais ça, c’est bien ! Continue sur ce modèle-là ». Le processus est enclenché. Bernhard a 17 ans et il ne sait pas encore qu’un bel avenir l’attend.

 

Il faudra attendre quelques années plus tard pour comprendre comment Bernhard s’est spécialisé dans la sculpture. Un soir, alors qu’il rentre chez lui, un voleur s’empare de ses affaires. Tout son matériel de travail disparaît en l’espace de quelques instants. Dans un premier temps déprimé, il se met vite à penser à autre chose. Il n’a plus ses affaires et se met à réaliser une sculpture spontanément. Plus tard, il contacte Danièle Giraudy la conservatrice du musée de Picasso à Antibes. Celle-ci  connaît l’artiste Stella Mertens et l’invite à lui rendre visite. Bernhard souhaite lui faire bonne impression. A partir d’une bouteille de champagne qu’il coupe, il décide de sculpter un oiseau en or et se sert d’une boîte de camembert pour le socle. Ce sera son cadeau accompagné de fleurs de mimosa. Lorsque Bernhard lui offre l’oiseau en or, celle-ci l’observe avec intensité avant de réaliser pourquoi la sculpture lui est familière.  Elle revient avec une petite sculpture en oiseau et explique qu’elle a été fabriquée par Picasso au cours d’un déjeuner en sa compagnie. Puis elle prend la sculpture de Bernhard et dit « Maintenant, la sculpture de Picasso ne sera pas toute seule. Elle a désormais un petit frère ». Bernhard se passionnera pour la sculpture à partir de cet épisode. Plus tard, il fait des animaux sa marque de fabrique. Pourquoi en particulier les animaux ? « Parce que si on les traite bien, ils nous le rendent bien ». Ses sculptures animales sont reconnaissables entre mille, surtout le taureau, son animal fétiche. Parfois, il lui arrive également de sculpter pour des personnes qu’il rencontre. Il témoigne par exemple de ses échanges un jour, aux côtés d'un parfait inconnu. Ils partagent un point commun pour les langoustes. Cet inconnu n’est autre que le directeur d’un hôpital devant lequel ils discutent. Bernhard lui révèle être un artiste. Spontanément il lui dit « Ecoutez, je vais vous faire une sculpture de langouste ». Le lendemain, Bernhard l’appelle « C’est moi Bernhard Lipsøe l’artiste. Vous avez bien dormi ? ». Le directeur s’exclame « Evidemment que non ! J’ai mal dormi. Je n’ai fait que penser aux langoustes ! ». Bernhard lui remettra comme promis la sculpture. La sculpture faite de matières recyclables a ravi son nouveau propriétaire.

Du déjeuner à Bernie’s ZOO

Martin Lipsøe, est le fils de Bernhard  Lipsøe. Ce jeune trentenaire est un ambitieux qui rappelle le refrain « work hard, play hard ». Personnalité connue au Danemark, il a longtemps travaillé à la radio. Un jour, au cours d’un déjeuner avec son père, Martin demande si celui-ci peut lui dessiner une petite vache. Bernhard Lipsoe accepte et le dessine sur un bout de serviette. Martin observant le dessin, lui dit « Mais on devrait en faire sur des tee-shirt ? ». A sa plus grande surprise, son père accepte et trouve que c’est une très bonne idée. Dès lors, Martin se dépêche de mettre en route l’idée. Il appelle son ami Morten Lyngbæk et lui explique le projet. Il lui demande s’il veut faire partie de l’aventure comme partenaire et fondateur. Son ami accepte volontiers. Peut-être comprend t-il comme Martin qu’ils détiennent un concept visuel prometteur. Lorsque Martin voit pour la première fois le prototype, il est sûr du succès de Bernie’s ZOO.

 

La marque se base sur le dessin type de Bernhard Lipsøe, le fameux taureau. Alors que le lancement est effectué, Martin souhaite développer plusieurs variantes. Après tout, son père sculpte plusieurs animaux. Son désir est de diversifier avec des éléphants, des chats, des chiens, mais il se rend compte que le taureau a beaucoup plus d’impact. C’est un animal fort qui ne laisse pas indifférent. Martin souhaite créer tout un univers à partir de ce symbole. Le lancement de la marque est au rendez-vous : c'est une véritable success story. Bernie's ZOO est vendu dans 16 boutiques. Martin et Morten accélèrent le développement de la marque qui n’a plus de frontières, un projet est actuellement en cours au Japon et d’autres continuent à éclore. Martin explique qu’il peut compter sur son réseau grâce à ses années dans la radio. Des célébrités représentent la marque et n’hésitent pas à jouer les ambassadeurs en portant les vêtements. Ce soutien est précieux aux yeux de Martin qui étend la ligne pour le tennis et a déjà commencé à procéder à une collection pour femmes et enfants. Quant au co-fondateur Morten Lyngbæk, c'est lui qui se cache derrière toute la partie visuelle de la marque. Il apporte ainsi une fraîcheur au concept.

 

Au-delà de l'aspect commercial, c’est avant tout une occasion pour le père et le fils de travailler ensemble. Bernhard Lipsøe dira d’ailleurs à ce sujet « C’est une fantastique façon d’avoir une relation avec mon fils ». En les interrogeant sur le fonctionnement à deux, père et fils se chamaillent gentiment. Ils expliquent qu’ils n’interfèrent pas dans le travail de l’un et l’autre. « Il vend et je créé » dit Bernhard. Il imitera par ailleurs son fils « Ne parle pas papa, fais ton travail ! ». Martin rigole « Allez, je demande que deux peintures par jour, s’il te plaît ». Ce à quoi, Bernhard répond pensif « On devra imposer des règles bientôt car j’ai aussi besoin de faire mon propre art ! ».

Gauche à droite : Bruce Grobbelaar, Nikolaj Coster-Waldau, Brandon Beal, Claudemir, Pilou Asbæk, Fetterlein and Morten Lyngbæk, D-A-D and Martin Lipsøe

Regard croisé entre père et fils

En dernière partie d’entretien, trois œuvres de Bernhard Lipsoe sont sélectionnés. Nous demandons au père et au fils de les commenter. Bernhard en tant qu’artiste, connaît l’histoire et la création de son œuvre. Martin, quant à lui, se positionne comme un spectateur particulier. Il a un regard externe mais il reste le fils de Bernhard. 

(1)

Bernhard Lipsøe esquisse d’un sourire en découvrant la sculpture montrée. Il raconte qu’il a créé cette sculpture dix ans auparavant. La femme sculptée représente sa fiancée au moment où il l’a rencontré. Il décrit une femme très intelligente qui lui a donné la joie de vivre. Elle l’avait emmené dehors pour danser d’où le titre de l’oeuvre "The dance and the bound". C’est cette expression qu’il a souhaité recréé. Sa fiancée qui lui était chère, n’est plus là aujourd’hui et il souhaitait lui rendre cet hommage. « Je voulais faire une sculpture d’elle, en bronze. » Il donne un détail intéressant concernant la sculpture « Ce qui est marrant, c’est qu’il faut tourner autour de la sculpture et vous découvrirez la danse en mouvement ».

 

Martin Lipsøe regarde à son tour la photo. Il explique que la sculpture est spéciale et assez inédite. « Normalement mon père a l’habitude de faire des sculptures d’animaux. Là c’est rare. Ce n’est pas sa marque de fabrique. » Martin explique le projet d’installation de la sculpture près de la mer. Il se confie sur le futur emplacement exclusif de la sculpture à Bellevue au Danemark.     « C’est un très gros projet et j’ai envie de voir sa réalisation finale ! ».

(2)

Bernhard Lipsøe raconte que lorsqu’il était enfant à la campagne, il se retrouvait souvent seul et regardait dans les airs. C’est là qu’il découvrait les papillons. « Je voyais ces pièces de couleurs voler doucement au-dessus de moi comme des anges ». Pour lui, le papillon est la représentation de la vie, à la fois petit et fragile, on doit alors faire attention. D’ailleurs, il sculpte le papillon sur un matériau tout aussi fragile, le verre. Mais le papillon incarne aussi le bonheur, l’amour, « un tout ». Bernhard Lipsoe s’exclame « Je ne connais personne qui déteste les papillons. »  

 

Martin Lipsøe s’accorde également sur ce point « le papillon est à la fois beau et amical ». Martin explique qu’il voit à travers cette sculpture, le travail d’un vrai artiste, fait d’intenses efforts. Pour lui, l’œuvre de son père peut traverser les années et conserver sa même force et beauté, même dans dix-quinze ans. Il aime particulièrement l’œuvre pour ses couleurs. A ce sujet il précise « Il faut voir l’œuvre en présence d’une intense lumière. Elle traverse le papillon de toute part et diffuse des réflexions multicolores ».

(3)

Lorsque la troisième et dernière photo est montrée, elle créé l’hilarité. Père et fils rient. Bernhard Lipsøe confirme « ça, c’est issu d'une histoire très marrante.» Il explique que la création de la sculpture provient d’une rencontre avec un homme décédé aujourd’hui. Autrefois, l’homme allait au même club de piscine que Bernhard et ils discutaient souvent ensemble. Celui-ci lui formula un jour une requête « Je voudrais que tu fasses une sculpture pour ma maison. Une sculpture à l’entrée pour accueillir mes invités ». Bernhard accepte et sculpte ce singe. Il fait le bonheur de l’homme. « Il a tellement adoré ! Il était tellement content ! ». 

 

Martin Lipsøe regarde la photo de la sculpture et rit « Il a l’air tellement drôle et inoffensif. C’est le genre de sculpture qui vous met de très bonne humeur ». Lorsqu’il regarde plus longuement, il ajoute « Ses yeux me font penser à Tintin » (ndlr : le héros de BD de Hergé). Bernhard Lipsøe regarde à son tour et s’exclame « Ah bah oui c’est vrai, t’as raison ! ». Nous demandons si Martin souhaiterait avoir la sculpture du singe pour sa propre entrée, il répond qu’il pencherait plus pour celle du papillon mais explique qu’il adore l’expression du singe. « Il a l’air tellement heureux ».

Ce bonheur se retranscrit dans le mode de vie du père et du fils. Bernhard Lipsøe répétera à plusieurs reprises que son art est intimement lié à son amour pour la vie. C’est aussi l’histoire d’une passion qui ne l’a pas quitté, même en des temps où il était question de survie plutôt que de confort. Mais sa persévérance est arrivée à bout de toutes les épreuves. Son fils a également hérité de ce goût de l’effort. Ils sont ravis de ce travail qui les anime mais aujourd’hui est pour eux un repos bien mérité. Savourant la tranquillité de ce séjour à Paris, les Lipsøe ont au programme le match France-Portugal au stade de France mais figure aussi une visite au musée de Picasso. Un petit clin d'oeil au passé.

SOPHIE


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Art from Denmark sees double

An interview with the father and the son, Bernhard and Martin Lipsøe

Summer is here, the clouds are driven away by the sun that rules like a master. We are just few days from the 2016 Euro finale but the event we are interested in is the Bernhard and Martin Lipsøe arrival. The father and the son have just arrived from Denmark. The son, Martin Lipsøe, is a household name in Danemark. Radio host and historian on the channel “24/syv“, he displayed he had the soul of a business man when he released with Morten Lyngbæk the Bernie’s ZOO brand; The clothe’s pattern inspired by his father art work. Specifically, let’s talk about the father first. Bernhard Lipsøe is a talented and excentric artist. Regarding his father’s excentricity, Martin often warns “watch out, my father doesn’t have any mind filter”. Indeed, Bernhard does not trouble himself to such precautions when it comes to speak his mind. He says everything, when he wants, how he wants, for the best and the worse and in our case it was for the best.

 

The meaning of this joint father-son interview was interesting to explore and even more because of the two strong personalities I would have to meet with. In fact, it was impossible for me not to laugh when discovering the name of the hotel “Des Beaux-Arts”. That is so obvious. Like I would hear “where do you think they would sleep if not there?” Inside a tiny yard, flowery, discrete and out of sight, it was a peaceful heaven where the Lipsoe’s would discuss everything, or .. almost everything. Settled in circle, everyone was ready. The table was also prepared: limonade and coffee served by the impeccable hotel manager and, also, not forgetting peanuts distributed by Bernhard. Then the singular interview began.

From Picasso to the Lobster

Bernhad Lipsøe is a sculptor well-known in his field. As many artists he is polyvalent: he draws, paints, he makes crafts. His hands never stop creating his ideas. “I do what I have to do” he said with disconcerting simplicity. From the fantasy of his sculptures to the poetry of his paintings, we can discover in his art an ode to life. His art’s strength can be mostly explained by his atypical background, the different acquaintances and stories that created his unique style. To understand who Bernhard Lipsøe is we have to go back in time. Let’s leave 2016 to find ourselves in 1969. It is during this year that the young Bernhard Lipsøe has discovered Paris and had an important meeting with Stella Mertens (a painter from Belgium) who would have awaken his talent. She encouraged him to register in the “Académie de la Grande Chaumière” and told him to come back after a few weeks to show her his drawings. During his studies, a man with a white shirt spoke to him “what you draw is really good. By the way, do you know who was sitting exactly in your place? Picasso!” Bernhard couldn’t believe it. Days passed and as planned he came back to Stella Mertens with his drawings. She went through each drawing “that is ugly, that is ugly, that is ugly. But this one is good, keep going with that style.” The process had now begun. Bernhard was 17 and didn’t know that a bright future was waiting for him.

 

We had to wait years to understand how Bernhard specialised in sculpting. One evening, while he was going back home, a thief stole his supplies. All his work tools gone in an instant. At first depressed, he quickly changed his mindset. He didn’t have his tools but decided to make a spontaneous sculpture. Later on, he contacted Danièle Giraudy the curator of the Picasso Museum in Antibes. She knew of the artist Stella Mertens and invited him to come to see her. Bernhard wanted to make good impression. Using a champagne bottle that he cut, he sculpted a golden bird and used a “camembert” box for the base. It was his gift to her, accompanied with Mimosa flowers.

 

They finally met and when Bernhard offered the golden bird, the director observed it carefully before becoming aware of some kind of familiarity with the sculpture. She left and came back with a small bird sculpture and explained that it was made by Picasso during a lunch with her. Then, she took Bernhard’s sculpture and told him “now, Picasso’s sculpture is not alone anymore. It now has a young brother.”. Because of that event, Bernhard developped a passion for sculpting. Later on, animal sculptures would become his trademark. Why animals especially ? “Because if we treat them well they give it back to us.”. His animal sculptures are really identifiable, especially the bull, but we will talk about it later. Sometimes, he also sculpts for the people he meets. One day, he was talking with a stranger. They shared a common interest for lobsters. This stranger was in fact the director of the hospital they were talking in front of. Bernhard told him that he is an artist. Spontaneously he told him “listen, I will make you a lobster sculpture.”. Next day, Bernard called him “It’s me, Bernhard Lipsoe, the artist. Did you sleep well?”. The director exclaimed “of course not! I slept bad. I couldn’t stop thinking of lobsters!”. The lobster sculpture made from recycled materials really pleased his new owner.

From the lunch to Bernie’s ZOO

Martin Lipsøe, an ambitious thirty year-old man, reminds me of the chorus “work hard, play hard”. A well-known personality in Danemark, he worked for the radio. One day, during a lunch with his father, he asked him if he could draw him a tiny cow. Bernhard Lipsøe accepted and on the corner of a napkin drew the cow. Martin observed the drawing and said “we could use them on tee-shirts !?”. To his surprise his father accepted and thought it was a great idea. Since then, Martin rushed to make the idea a reality. He called his friend Morten Lyngbæk  and explained the project. He asked him if he wanted to take part in the adventure as founder and partner. His friend was delighted to accept. Maybe, like Martin, he understood that they had a promising visual concept in hands.

 

When Martin saw the prototype for the first time he was sure of the Bernie’s ZOO success. The brand is based on the Bernhard Lipsoe’ typical drawing, the famous bull. While the launch was made, Martin wished to develop several variants. After all his father’s sculptures had different animal shapes. His desire was to diversify the project with elephant, cat and dog designs but he realised that the bull had more impact on people. It is a strong animal that doesn’t leave people uninterested. So, the bull would represent Bernhard Lipsoe’s work as a symbol and Martin wished to create a new universe all around this symbol. The brand launch went very well. Bernie's ZOO is sold in 16 shops. Martin and Morten increased the brand development that now doesn’t know any borders. The project is currently running in Japan and many other ones keep blooming. Martin explained that he could rely on his network thanks to years of work on the radio. Some celebrities represent the brand and don’t hesitate to act as ambassadors by wearing the clothes. This support is precious in Martin’s eyes who is extending the brand to tennis court and he already has started to develop a women’s and children’s collection. Morten Lyngbæk the co-founder is behind all the design process. He thus brings freshness to the brand. 

 

Beyond the commercial part, it is an opportunity for father and son to work together. Bernard Lipsøe said “it is an amazing way to have a close relationship with my son.”. By asking them about how they work together, father and son bickered nicely and explained that they don’t interfere in each others work. “He sells, I create” said Bernhard. He also imitated his son “don’t talk dad, do your work!”. Martin laughed “Come on, I just ask two paintings per day, please.”. To what Bernhard answered thoughtfully “ we will need to make some rules soon because I also have my own art to create!”.

Left to right : Bruce Grobbelaar, Nikolaj Coster-Waldau, Brandon Beal, Claudemir, Pilou Asbæk, Fetterlein and Morten Lyngbæk, D-A-D and Martin Lipsøe

Crossed views between father and son

On the final part of this interview I decided to select three of Bernhard Lipsøe’s works. I asked father and son to comment on them. Bernhard, as an artist, knows the stories and the creation behind his work. Meanwhile Martin has more of a specific spectator opinion. He has an external view but he still is Bernhard’s son. This contrast is interesting. 

(1)

Bernhard had let out a tiny smile when seeing the shown picture. He said that he made this sculpture ten years ago. The sculpted woman represents his fiancee when he met her. He described a very smart woman who gave him the joy of life. She took him outside to danse, that explains the sculpture’s name "The Dance and the Bound". It was this feeling that he wanted to express. His dear fiancee is no longer alive anymore and he wanted to make her this tribute. “The funny thing is that you have to turn around the sculpture and then you will discover the dancing and the movement.”.

 

Martin Lipsøe also looked at the picture. He explained that the sculpture is quite special and new. “Usually, my father is used to making animal sculptures. But this, it is rare. It isn’t his trademark.” Martin also explained the sculpture installation project would be installed near the sea. He confided about the future and exclusive place of the sculpture in Bellevue, in Danemark. “It is a very big project and I want to see it realization accomplished”.

(2)

Bernhard Lipsøe said that when he was a child in the countryside he often used to stay alone and look up at the sky. That is when he discovered butterflies. “I was seeing these small colored “pieces” flying slowly over me like angels.” For him, the butterfly is good representation of life, small and delicate at the same time, we have to be careful. In fact, he sculpted the butterfly from a fragile material as well, glass. But the butterfly also embodies happiness, love, “it is everything”. Bernhard exclaimed “I don’t know anyone who doesn’t love butterflies.”.

 

Martin Lipsoe also agreed with that point, “the butterfly is beautiful as it is friendly.”. He explained that through this sculpture he sees the work of a real artist, made with immense effort. He thinks his father’s work could travel through years and keep the same strength and beauty, even in ten or fifteen years. He especially loves the sculpture’s colours. Regarding this he said “we have to look at this art work with a bright light. The light goes through the butterfly and disseminates multicoloured reflections.”. 

(3)

When the third and last picture is shown, it created hilarity. Father and son both laughed. Bernhard Lipsøe confirmed “that comes from a funny story.”. He explained that the sculpture’s creation came from a meeting with a sadly now deceased man. Previously, the man would go to the same swimming club as Bernhard and they often were talking with one another. One day, this man asked for a favor “I would like you to make a sculpture for my house. A sculpture for my house entrance to welcome my guests.”. Berhnard accepted and sculpted the monkey. It made the man happy “he loved it! he was full of joy.”.

 

Martin Lipsøe also looked at the picture and laughed “he looks so funny and inoffensive. It is the kind of sculpture that puts you in a good mood.”. After looking at the picture for a long time he added “his eyes remind me of Tintin (ed: Hergé’s Comics heroe).”. Bernhard Lipsoe then looked at the picture again and exclaimed “It is true! You’re right!”. I asked if Martin would like to have this sculpture for his own house entrance and he explained that he would choose the butterfly one but loves the monkey’s expression “he looks so happy.”.

 

 

 

This happiness can be seen in the father and son’s way of life. Bernhard Lipsøe would often repeat that his art is intimely linked to the love of his life. It also is a story of passion that never left him even during times when it was more about surviving than comfy life. But his tenacity overcame all the difficulties. His son also inherited this taste for hard work. Today, they are delighted about this work that drives them but now they should enjoy their well deserved rest. Enjoying this quiet journey in Paris, the Lipsøe’s planned to watch France-Portugal in the “Saint-Denis stadium” but also planned a visit to the “Picasso Museum”, of course! Elementary, my dear Watson. 

Sophie