[Thailande] Escale au pays du sourire : rencontre avec les artistes et galeristes de Bangkok

|VERSION FRANCAISE|

Immersion dans l'art de Bangkok

La Thaïlande, ancien royaume de Siam, accueille chaque année des millions de touristes sur ses 514 000 km² de territoire. En 2015, le pays a établi un record avec près de 30 millions de visiteurs. Si la grande majorité des visiteurs foule avant tout les terres thaïlandaises pour rejoindre Phuket et ses plages ou se presse à Bangkok pour admirer le fameux Bouddha couché à Wat Pho, force est de constater qu’ils sont encore peu nombreux à se presser au portillon pour explorer l’univers artistique du pays.

 

C’est aujourd’hui le moment d’y remédier tant il serait dommage de passer à côté d’une Thaïlande qui a autre chose à offrir. Pour les visiteurs, nous offrons une autre alternative de concevoir le voyage en cochant la case Art. Oubliez l’itinéraire classique et offrez à vos sens une expérience au cœur de la création Thaïlandaise. Pour les grands collectionneurs, c’est aussi le moment d’ouvrir l’œil et d’aller chercher la pépite asiatique.

 

Au cœur de Bangkok, plus de 40 degrés sont affichés et une dizaine d’heures de marche par jour nous ont conduits à explorer les grandes places dédiées à l’art. Marchant dans le tourbillon de Bangkok et du défilé incessant des tuks tuks et vrombissement des motos, nous partons à la rencontre des acteurs de l’art. Voici notre sélection de coups de cœur.

Le passage obligé : les incontournables

Jim Thompson’s house

La maison Jim Thompson figure dans tous les guides et devient ainsi un lieu incontournable à ne pas manquer. Un classique de Bangkok pour les visiteurs d’une première fois, un indémodable pour les habitués. Pour la petite histoire, la demeure appartient à James H.W. Thompson, ancien agent secret qui dès la fin de ses fonctions décide de s’installer en Thaïlande séduit par le pays. Dès lors il devient un important homme d’affaires et commercialise la soie. Très à l’écoute de la culture locale, il décide de construire sa maison à une date décrétée propice de l’astrologie asiatique. Il disparaît mystérieusement en 1967 alors qu’il est en vacances en Malaisie avec ses amis.  

 

La demeure située en bordure d’un canal et entourée d’un jardin luxuriant est intéressante d’un point de vue artistique pour son architecture et sa décoration. Grand passionné d’art, James H.W Thompson rassemble des pièces rares venant de toute l’Asie. Les vases, les sculptures, la vaisselle, les tapisseries et les tableaux ont tous une identité marquée par des siècles d’histoire qui trouvent très souvent une symbolique. Ainsi on dénote la forte présence de l’éléphant, animal sacré en Asie ou encore du poisson, symbole de la richesse et de la vie. Cette belle collection se laisse admirer, des tableaux… à la maison de jeu pour rats ! Chaque objet est une invitation à la curiosité.

 

La maison, quant à elle, est à la fois un mélange entre style oriental et occidental. James H.W Thompson épouse ainsi la culture asiatique et trouve le parfait équilibre entre ses racines et sa nouvelle terre d’adoption. Il faut notamment savoir qu’il s’agit de deux maisons rassemblées en une seule. La visite est effectuée obligatoirement accompagnée d’un guide. Elle est réalisée en plusieurs langues, français compris.

Pièce localisée dans le jardin

Bangkok Art and Culture Center

Le centre d’art et culture de Bangkok se trouve à quinze minutes de la maison Jim Thompson. Le BACC consacre une exposition par étage. Pour compléter la visite, des ateliers de confection sont proposés aux visiteurs. Il existe également plusieurs boutiques d’art et un café au rez-de-chaussée pour ceux qui ne sont pas pressés.

 

En ce moment, l’exposition à ne manquer sous aucun prétexte est Odysseys. L’exposition photo aborde un sujet très actuel et traite du problème migratoire. Elle expose dans le cas actuel celui des réfugiés Birmans et Bangladais qui fuient vers la Thaïlande. Les photos sont prises par les reporters de l’AFP (l’Agence Presse France). Les migrants livrés à leur sort font face à de sérieuses impasses : parcours difficile avec les passeurs, problème de la faim et de la séparation avec les familles laissées derrière, traversée cauchemardesque en mer, blocage aux frontières. Les photos sont poignantes et bouleversantes, destinées à réveiller les consciences. Le problème migratoire, souvent pointé d’un doigt accusateur, donne ici une autre perspective, rarement montré. Le point de vue observé est plus humain et universel. Il nous interroge sur la souffrance et l’espoir de ces hommes et femmes cherchant à fuir la mort et la misère.

 

Ainsi, la photo de ces hommes se tenant l’abdomen entre les mains, le corps courbé, implorant de la nourriture, nous rendent témoins de leur détresse. Certaines photos de famille sont piétinées au sol, perdues durant la traversée. D’autres montrent des parents cherchant désespérément à faire passer les enfants par-dessus les barrières malgré la foule oppressante. Le regard des enfants est innocent, celui des parents empreint d’inquiétude. Chaque homme est photographié sous un angle différent, donnant à voir tour à tour l’espoir et le désespoir, la peur et le soulagement, la tristesse et la joie. Une photo montre un père embrassant sa fille sur le front lorsqu’ils réussissent enfin à arriver à destination. Un moment de lumière dans la noirceur de cette traversée.

AFP

Les insolites : les pépites de Bangkok

Kathmandu Gallery

Nichée au cœur d’un quartier animé, on peut aisément passer devant Kathmandu sans réaliser qu’il s’agit d’une galerie. Les cartes postales devant la vitrine laissent penser à une boutique souvenirs. Kathmandu se distingue par son aspect convivial et son apparence moins officielle. L’endroit se décline en deux espaces, au rez-de-chaussée se trouve une collection permanente avec les photos d’art contemporain et classique de Thaïlande. Il existe également une bibliothèque laissant la possibilité aux visiteurs de feuilleter les ouvrages d’art. Le deuxième étage expose temporairement un artiste et séduit par sa pièce lumineuse.

 

L’exposition temporaire est consacrée à “My Daughters” du photographe H.H Capor. Le photographe raconte que ce projet a été retenu par la femme du galeriste. Particulièrement touchée par la série de photos, elle a souhaité que le projet soit exposé. On peut comprendre ce choix puisque “My Daughters” est lié à la vie du photographe et touche par sa dimension intime. Après un amer divorce, on lui retire la possibilité de voir grandir sa fille unique. Les photos de l’exposition présentent H.H Capor posant avec des filles ayant approximativement l’âge de la sienne. H.H Capor ne sait pas à quoi ressemble sa fille, ce qui explique le physique différent des modèles présentes. Le projet prend fin lorsqu’il reprend enfin contact avec sa fille alors âgée de 28 ans.

 

Ses filles de pellicule sont Claudia d’Ukraine, Barbara d’Italie, Sophie d’Autriche, Mirene du Liban, Azig de Syrie… Toutes repérées dans l’environnement artistique du photographe. H.H Capor explique le processus complexe de travail avec les modèles. Certaines filles éprouvaient une difficulté à poser car pensant elles-mêmes aux problèmes relationnels qu’elles entretiennent avec leur propre père. D’autres filles ne souhaitaient faire qu’un seul cliché. Au bout du processus, les photos sont finalement bien immortalisées et se vivent comme une expérience d’une présence compensant une absence. “My Daughters” vous attend jusqu’au 30 juin 2016.

H.H Capor

100 Tonson Gallery

La galerie est située hors de la cohue de Bangkok, isolée dans l’allée TonSon près d’un paisible cours d’eau. Si vous êtes sur cette allée, vous n’êtes donc pas là par hasard. La galerie 100 Tonson vaut fortement le détour notamment pour son exposition Atmosfear. Celle-ci actuellement en cours de réalisation sera définitivement prête le mois prochain et accessible au public. A quelques semaines de la finalisation, force est de constater que le travail est déjà bluffant.

 

Time est le coordinateur de la galerie. D’un naturel très ouvert et chaleureux, il parle avec enthousiasme de ce projet de plusieurs mois. A l’intérieur de la galerie, tout est en suspension.  Les nombreux pots de peinture et pinceaux sont dispersés au centre de la galerie, l’escabeau planté face au mur attend le retour de son artiste. Toutefois, à mi-parcours, le projet reste tout de même captivant. Il invite le spectateur à une immersion onirique tant l’univers de son artiste Yuree Kensaku hypnotise notre regard. Dès la première entrée dans la galerie, nous plongeons littéralement dans le monde de Yuree Kensaku. L’exposition met en lumière une fresque géante présentant des personnages sortis tout droit de l’imaginaire : des squelettes, des sirènes et crocodile se partagent les quatre murs. Fortement inspirés du folkflore, de la culture populaire et des mythologies,  Yuree Kensaku a voulu représenter à travers cette peinture murale les grands maux de la société (terrorisme, problème d’immigration) mais également ses propres peurs (allergies, phobies) sous un angle de vue plus optimiste.  

 

Time précise qu’un jeu de lumière est prévu pour sublimer Atmosfear lors du lancement. Pour l’anecdote, il raconte que Yuree Kensaku a travaillé dans la galerie lorsqu’elle était encore étudiante avant finalement d’exposer en tant qu’artiste. Une suite logique pour ce talent qui exposera plusieurs fois au 100 Tonson mais aussi à Hong-Kong et Singapour. L’exposition Atmosfear se déroulera du 23 juin au 27 novembre 2016.

Yuree Kensaku

Les collectionneurs : l'esthétique asiatique

H Art Gallery

La galerie H Art de Bangkok revêt une façade tout de blanc et respire une certaine force tranquille. C’est tout en sobriété que l’assistant de la galerie laisse place à l’exposition. En ce moment, vous pouvez venir admirer le travail de Jaruwat Boonwaedlom. L’artiste Thailandais de Rachaburi a gagné en 2001 le premier prix du Thailand Art Award et le second prix en 2002 de l’Asean Art Awards en Indonésie. Son actuelle exposition « Women on the Verge » se compose de huit toiles de portraits de femmes à grande échelle.

 

L’exposition « Women on the Verge » traite d’un sujet de société auquel tient l’artiste. Pour Jaruwat, les difficiles circonstances politiques du pays affectent la vie quotidienne des Thaïlandais en limitant leur liberté d’expression, cela d’autant plus pour les femmes. Dans ce travail exposé, Jaruwat peint des femmes Thaïlandaises au centre de la jungle urbaine. L’artiste joue avec les réverbérations de la ville et semble créer une vitre séparant la thaïlandaise de la ville. Bangkok, en pleine effervescence, est plongé au cœur de tours omniprésentes et d’un trafic dense. Entre cette superposition du paysage urbain à celui de la femme thaïlandaise, on assiste à un parallélisme voire à une lutte entre modernité et tradition. Face à la confrontation des valeurs et la pression des pairs, les thaïlandaises de Jaruwat Boonwaedlom cherchent à se libérer mais se montrent tantôt les yeux fermés, tantôt le dos tourné ou encore la bouche couverte. L’artiste explique que les thaïlandaises sont dans une attitude de suivisme, de modestie.

 

Les huit peintures d’une grande esthétique laissent entrevoir un mélange de force et de fragilité  mais surtout, expriment une puissance dans le message. Si le discours est présent, Jaruwat laisse néanmoins place à la liberté d’imagination du spectateur pour chacune de ses toiles, cela grâce à l’utilisation de couleurs d’ambiances invitant à l’interprétation. La peinture réaliste de l’artiste est une de ses spécialités. Ne manquez pas son exposition disponible jusqu’au 15 juillet 2016.  

 Jaruwat Boonwaedlom 

Thavibu Gallery

Pour un concentré d’art asiatique, direction la galerie Thavibu ! Nouvellement localisé au Jewelry Trade Center Shopping Mall, c’est au dernier étage que son élégante galeriste Heide Park Charoenporn nous ouvre ses portes. Celle-ci commence par expliquer l’origine du nom de la galerie. Thavibu est un croisement d’Asie du Sud-Est dont les premières syllabes représentent trois pays phares des artistes représentés. Tha pour la Thaïlande, Vi pour le Vietnam et Bu pour la Birmanie.

 

Heide Park Charoenporn raconte qu’elle était autrefois plutôt plus intéressée par l’art classique, mais que depuis, elle apprécie tout autant l’art contemporain. C’est un clin d’œil lancé à Thavibu qui expose des artistes contemporains jouissant déjà d’une belle notoriété. La grande majorité sont bien implantés dans le milieu de l’art et sont très prisés des collectionneurs. Seulement, depuis peu, la galerie souhaite également se tourner vers des nouveaux talents moins connus du grand public. En attendant, les artistes contemporains présents ont de quoi ravir.

 

Ce succès s’explique notamment par la singularité des artistes exposés qui ont tous une signature reconnaissable entre mille. A titre d’exemple, Dao Hai Phong, artiste vietnamien dont les œuvres sont vendus dans le monde entier. Phong peint avec poésie Hanoi et les villages vietnamiens. Il donne de la puissance aux couleurs, joue avec les différentes saisons, et rend à chaque endroit peint une unicité intemporelle. On peut également évoquer le peintre birman Aung Kyaw Htet. Sa peinture très réaliste, d’un rendu proche de la photographie, immortalise les scènes de la vie quotidienne des moines. A travers les portraits, on dénote un sujet de prédilection pour les enfants. Htet confiera à Shireen Naziree « Les jeunes moines et nonnes qui sont toujours présents dans mon art représentent les images indélébiles de l’enfance –  à travers la joie dans leur regard et la voix silencieuse dans leur cœur, ils parlent de la vie ».

Peinture de Aung Kyaw Htet

La liste étant exhaustive, il est plus qu’impératif de vous laisser guider à travers Bangkok : partez à la découverte des autres expositions et musées d’une des plus grandes capitales cosmopolites d’Asie du Sud-Est où tout est toujours en ébullition. Cela vous laissera qui sait sans voix ? Entre le plaisir de découvrir des artistes, la passion des échanges avec les galeristes, l’émotion et la surprise laissées par chaque œuvre… Prenez le temps de vagabonder, court-circuitez vos plans établis et préférez vivre la Thaïlande différemment car l’art s’invite partout : allée secrète menant à une galerie, café abritant des chefs d’œuvres, passage invitant au street art. Vivez la Thaïlande.

Sophie


|ENGLISH VERSION|

Immersion in Bangkok art

Thailand, a former Siam Empire, welcomes each year millions of tourists on its 514,000 km² of territory. In 2015, the country broke the record with around 30 million visitors. Whether the vast majority of visitors treads upon the land to meet Phuket and its beaches or hurries in Bangkok to admire the renowned Buddha laid down in Wat Pho, it is now obvious that they are not crowded to investigate the artistic world of the country.

 

Now it is the time to solve it as it would be a pity to miss a Thailand that can offer another thing. For the visitors, we offer another option to design the trip by filling the box Art. Forget the classic itinerary and offer to your senses an experience at the heart of the Thai creation. For important collectors, it is also the time to open the eyes and to go to look for the Asian nugget.

 

In the heart of Bangkok, with a weather of more than 40 degrees and around ten hours of walking a day led us to investigate the big centers devoted to art. By walking in Bangkok’s hurly-burly and the auto rickshaw’s unremitting stream and the motorbikes’ roar, we met the art actors. Here are our firm's favorites selection.

The essential phase : must-see

Jim Thompson's house

Jim Thompson’s house appears in all the guides and also becomes an inescapable place not to miss. A classic in Bangkok for visitors who come for the first time, something that will never go out of fashion for regular visitors. As a point of interest, the dwelling belongs to James H.W Thomson, former spy who, from the end of his professions decided to set up in Thailand seduced by the country. From then on, he became an important businessman and traded silk. Very open to local culture, he decided to build his house to on a suitable date determined by the Asian astrology. He mysteriously disappeared in 1967 while he was on vacation with his friends in Malaysia.

 

The dwelling – located at the edge of a canal and surrounded by a flourishing garden – is interesting from an artistic view for its architecture and its decoration. Great enthusiast of art, James H.W Thompson gathered rare coins coming from every part of Asia. Vases, sculptures, crockery, tapestries and paintings all have a strong identity due to centuries of history that very often were symbolic. As a result, we find the strong presence of the elephant, a sacred animal in Asia or still fish, a symbol of wealth and life. This beautiful collection can be admired, from paintings … to play house for rats! Each object arouse your curiosity.

 

The house, on the other hand, is both a mix between eastern and western style. James H.W Thompson thus adopted Asian culture and finds the perfect balance between his roots and his new adoptive home. You have especially to know it is a question of two houses gathered into only one. Thai used to have the hall and the rooms in separate houses. The visit are guided tours carried out in various languages, including French.

Jim Thompson's house

 Bangkok Art and Culture Center

Bangkok Art and Culture Center is located fifteen minutes from Jim Thompson’s house. Bangkok Art and Culture Center devotes one exhibition at each floor. To complete the visit, garment workshops are offered to the visitors. Various art shops and a coffee shop downstairs for those who have time to while away. 

 

At the present time, you do not have to miss the Odysseys’ exhibition under any circumstances. The photograph exhibition deals with a very ongoing topic and tackles the migration issue. He exhibits, in the current case, this one of Burmese and Bangladeshi refugees who flee to Thailand. Photographs are taken by AFP’s reporters (Agence France Presse). Migrants standing out face serious deadlocks: a difficult path with smugglers, hunger, separation from the families left behind, nightmarish sea crossing and borders blockage. Photographs are harrowing and deeply moving, designed to awake consciences. The migration issue, often pointed with an accusing finger gives here another insight, rarely shown. The view observed is more human and universal. He questions us on the suffering and the hope of these men and women seeking to flee death and poverty.

 

Therefore, the men’s photograph holding the abdomen in the hands, the bended body; imploring food, give us witnesses of their distress. Some family photographs are stamped on the floor, lost during the crossing. Others show parents desperately looking for pushing their children over the gates despite the oppressive crowding. The children’s gaze is innocent, this one of the parents imbued with worry. Each man is photographed under a different angle, hope and distress, fear and relief, sadness and happiness. One photograph shows a father kissing his daughter on the forehead when they finally reach the destination: a light moment amid the darkness of this crossing.

AFP

The unusuals : Bangkok's nuggets

 KATHMANDU GALLERY

Squeezed in the heart of a bustling borough; we can easily go ahead without realizing it is an art gallery there. Postcards in front of the store front makes one think it is a souvenir shop. Kathmandu is different from its friendly aspect and its less official appearance. The place is available in two spaces, downstairs we can find a permanent collection with Thai contemporary and classic art photographs. It also exists a library possible for the visitors to leaf through art publications. The second floor temporarily exhibits an artist and seduction by its bright room.

 

The temporary exhibition is devoted to “My Daughters” from the photographer H.H Capor. The photographer tells this project was taken by the art owner’s woman. Particularly touched by the series of photographs, she wanted the project to be exhibited. We can understand this choice as “My Daughters” is bound to the photographer’s life and affected by its private dimension. After a bitter divorce, he lost contact with his daughter. The exhibition’s photographs introduce H.H. Capor posing with women who were around the same age as his own. H.H. Capor does not know what his daughter looks like which explains the different physiques of the present models. The project comes to an end when he gets back to his daughter then aged 28.

 

His “reel daughters” are Claudia from Ukraine, Barbara from Italy, Sophie from Austria, Mirene from Lebanon, Azig from Syria …, all were noticed by the artistic environment of the photographer. H.H. Capor explains the work complex process with the models. Some girls experienced a difficulty to pose as they thought of their relationship problems they maintain with their own father. Some other girls only wanted to make one shot. At the end of the process, the photographs are finally well immortalized and can be lived as an experience of a presence offsetting a lack. The exhibition "My Daughters" will run until June, 30th 2016.

 

H.H Capor

 100 TONSON GALLERY

The gallery is located out of Bangkok’s crowd, remote in TonSon path near a peaceful stream. If you are in this path, you are therefore not there by chance. 100 Tonson Gallery is strongly worth the journey especially for its exhibition Atmosfear. This one currently in the pipeline will be definitely ready by the next month and accessible to the public. From a couple of weeks to the finalization, it must be concluded that the work is already impressive.

 

Time is the gallery’s coordinator. Naturally very open and welcoming, he speaks with enthusiasm of this project of few months. Inside the gallery, all is in suspension. The numerous cans of paint and paintbrushes are scattered in the centre of the gallery, the stepladder put up facing the wall waits the return of his artist. However, midway, the project remains even so gripping. The exhibition invites the viewer to a dream immersion as the world of his artist Yuree Kensaku hypnotizes our gaze. From the first entrance in the gallery, we literally are immersed in Yuree Kensaku’s world. The exhibition highlights a tremendous fresco introducing characters straight from imagination: skeletons, mermaids and crocodile share the four walls. Strongly inspired from the folklore, popular culture and mythologies, Yuree Kensaku wanted to represent through this wall painting the troubles of the society (terrorism, immigration issue) and her own fears (allergies, phobia) under a more optimistic view angle.

 

Time explains that a set of light is forecast to enhance Atmosfear during the launching. For the anecdote, he tells Yuree Kensaku worked in the gallery when she was a student before finally exhibiting as an artist. This is a logical follow-up for this talent who has not only exhibited several times at 100 Tonson Gallery but also in Hong-Kong and Singapore. Atmosfear exhibition will take place from June, 23rd to November 27th, 2016.

Yuree Kensaku

The collectors : the asian aesthetics

 H ART GALLERY

H Art Gallery in Bangkok puts on a frontage all in white and exudes a certain peaceful strength. This is with sobriety the gallery’s assistant leaves room to the exhibition. At the present time, you can come admire Jaruwat Boonwaedlom’s work. The Thai artist of Rachaburi won the first prize of Thailand Art Award and the second prize in 2002 of Asean Art Awards in Indonesia. His current exhibition “Women on the Verge” is consisted of eight canvases of women portraits at a large scale.

 

The exhibition “Women on the verge” deals with a society topic to which the artist cares about. For Jaruwat, the difficult political circumstances of the country affect the Thai daily life by limiting their freedom of expression, this especially for women. Within this exhibited work, Jaruwat paints Thai women in the centre of the urban jungle.The artist plays with the city’s reflection and seems to create a gap that separates the Thai woman from the city. Bangkok is buzzing and immersed in the heart of omnipresent towers and a heavy traffic. Amid this superposition of the urban landscape to this one of the Thai woman, we witness a parallelism even a fight between modernity and tradition. Facing the confrontation of the values and the peer pressure, Jaruwat Boonwaedlom’s Thai women are looking for to free but show sometimes the eyes closed, the back turned or still the mouth wrapped. The artist explains Thai women have a follow-up, humility behavior.

 

The very aesthetic eight paintings imply a mix of strength and weakness but chiefly express a power in the message. If the speech is present, nevertheless Jaruwat leaves room to the viewer’s freedom of imagination for each of his canvases thanks to using atmosphere colors inviting to interpretation. The realist painting is one of his specialties. Do not miss his exhibition available until July 15th, 2016.

 Jaruwat Boonwaedlom 

 THAVIBU GALLERY

For a mass of Asian art, let’s go to Thavibu gallery! Newly located at Jewelry Trade Center Shopping Mall, this is at the last floor that her well-dressed art owner Heide Park Charoenporn welcomes us. She begins by explaining the origin of the gallery name. Thavibu is a crossing from South-East Asia of which the first syllables represent three flagship countries of the artists represented: Tha for Thailand, Vi for Vietnam and Bu for Burma.

 

Heide Park Charoenporn tells in the past time, she was pretty more interested in classic art but since she appreciates just as much contemporary art. This is a nod launched to Thavibu who exhibits contemporary artists who already benefits from a fine reputation. The vast majority is well set up in art environment and is very valued from the collectors. Only recently, the gallery also wants to opt to new talents, less famous from the larger audience. Meanwhile, present contemporary artists can thrill the public.

 

This success can be especially explained by the originality of the artists exhibited who all have a hallmark recognized amongst a thousand. For instance, Dao Hai Phong, Vietnamese artist whose works are sold worldwide. Phong paints with poetry Hanoi and Vietnamese villages. He gives power to colors, plays with different seasons and gives to each place painted a timeless uniqueness. We also can refer to the Burmese painter Aung Kyaw Htet. His very realistic painting, with a rendering close from photography, immortalizes monks’ daily life stages. Through the portraits, we find an area of specialization for children. Htet revealed “The novice monks and nuns who are ever present in my art represent indelible images of childhood - they speak of like though the joy in their eyes and the quiet voices in their hearts” to Shireen Naziree.

Aung Kyaw Htet

 

 

 

As the list is complete, it is more than a pressing need for you to be guided through Bangkok: go discovering other exhibitions and museums of one of the biggest cosmopolitan capitals of South-East Asia where everything is always bubbling. Perhaps it will leave you speechless? Between the pleasure of discovering artists, the passion of talks with art dealers, the emotion and surprise given by each work, take the time to roam, bypass your set plan and prefer living Thailand differently because art spreads everywhere: a confidential way leading to a gallery, a coffee shop sheltering masterpieces, a pathway inviting to street art. Live Thailand.

Sophie